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6 janvier 2025

Michel Deutsch : Le Souffleur d'Hamlet et autres textes

Ah que coucou !

Aujourd'hui je vous propose le livre suivant :

distribué contre paiement (à l'heure d'aujourd'hui, pour 12 €) par l'éditeur L'Arche sous le lien suivant :

https://www.arche-editeur.com/livre/le-souffleur-dhamlet-139

Si vous aimez Eugène Ionesco et son humour, vous apprécierez cet ouvrage. Ceci n'est pas une copie du style d'Ionesco mais "une suite" logique, adaptée au caractère de Michel Deutsch (qui n'est pas une copie d'Eugène Ionesco) et au monde du théâtre, vu de l'intérieur. En effet, dans chacun de ces textes nous ne sommes pas sur scène, mais dans la coulisse enfin...
 
Dans le premier texte, nous nous trouvons sur scène lors d'une répétition...
Dans le second : dans une loge
Dans le troisième : à la porte de la loge de la concierge
Dans le quatrième : sur scène, dans le noir
 
Chacune de ces 4 pièces peuvent être lues dans le sens que l'on veut, elles peuvent être lues ensembles ou séparément. Bref, c'est selon l'humeur du lecteur. 

Le Directeur du théâtre, qui est aussi le metteur en scène de la pièce de William Shakespeare : Hamlet, n'a que des ennuis avec les acteurs, avec le théâtre, avec le personnel syndiqué, avec la Concierge, avec les actionnaires, même avec les clé du théâtre qu'il ne possède pas contrairement à de nombreuses personnes ayant moins de responsabilités que lui. En tant que directeur on le rend responsable de tout ce qui se passe dans le théâtre... et ça, ça...

Si vous voulez le savoir, il ne vous reste plus qu'à lire ce livre rempli d'humour...

Et en attendant, pour vous mettre en appétit en voici un extrait (pour lire le texte, double-cliquez sur l'image) :
 
 





 

 


Bonne lecture !

Bisous,
@+
Sab

9 mai 2018

Emile Zola : Les Héritiers Rabourdin

Ah que coucou !

Ca fait depuis longtemps que je n'avais rien proposé de ce grand écrivain français qu'était Emile Zola... et bien, aujourd'hui, je vous propose de réparer cet oubli avec la pièce de théâtre suivante (oui, Emile Zola a écrit 3 pièces de théâtre tout au cours de sa carrière) :

accessible à la lecture / téléchargement en cliquant ici
Format : pdf
Langue : Français

Mr Rabourdin est un ancien riche commerçant qui a été ruiné par ses proches qui ne cessaient de lui emprunter de l'argent tout en oubliant de le lui rendre... Toutefois, en rusant, il parvient à dissimuler l'état réel de ses finances et, quand il se fait passer pour malade, les dits-proches se rapprochent encore plus de lui en espérant, grâce aux cadeaux qu'ils lui font, hériter de tous les biens...
Mr Rabourdin réussit ainsi à vivoter tout en donnant le change pendant une dizaine d'années jusqu'au jour où Charlotte, sa filleule, veut se marier avec Dominique et lui demande de rendre la dot que lui avait léguée sa tante Nanon en héritage...
Mais voilà, la dot que Mr Rabourdin lui avait encore juré le matin même qu'il n'y toucherait jamais, parce qu'il estime que c'est sacré, a été dilapidée par les héritiers... Charlotte se fâche et jure que les héritiers la lui rendront...

Comment va-t-elle pouvoir réussir quand Mr Rabourdin, maintenant, parvient à peine à faire que ces héritiers lui versent une vingtaine de francs... et bien vous le saurez en lisant cette pièce.

Les Héritiers Rabourdin font penser à Volpone de Ben-Jonson (pour ceux qui l'aurait oublié, cliquez ici pour y accéder), dont Emile Zola s'est inspiré. Toutefois il ne s'agit là nullement d'une adaptation... en effet, dans Volpone, Volpone est un riche et honorable notable vénitien alors que Mr Rabourdin est un commerçant ruiné de Senlis... Volpone joue alors que pour Mr Rabourdin il s'agit d'une question de vie ou de mort... La morale dans Volpone est sauve ; tandis que dans celle des Héritiers Rabourdin, elle est... comment dire sans dévoiler la fin ??

Bonne lecture !

Bisous,
@+
Sab

5 mars 2016

Emile Zola : Thérèse Raquin [version théâtre]

Ah que coucou !

Comme l'explique Emile Zola dans sa préface "il est toujours dangereux de tirer un drame d'un roman", pourtant ce n'est pas le roman que je vous propose aujourd'hui, mais le drame - à vous de vous faire votre propre opinion quant à savoir si Emile Zola est parvenu à rendre le drame aussi appréciable que le roman :

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Format : pdf
(logiciel fourni gratuitement par son concepteur : Adobe)
Langue : Français

Madame Raquin, pour aider sa nièce Thérèse, l'a accueilli et élevé en même temps que son fils : Camille (chétif et souvent malade) et quelques années après, madame Raquin a décidé de marier son fils à sa cousine... depuis ils vivent à Paris, dans un appartement au-dessus de leur mercerie, et tous les jeudis MM Michaud et Grivet viennent passer la soirée chez eux pour jouer aux dominos (jeu que déteste Thérèse).
Mr Michaud, bon vivant, est un ancien commissaire de police, qui fréquente Mme Raquin depuis de nombreuses années déjà. Il a accueilli sa nièce : Suzanne (17 ans) et l'élève comme si elle était sa fille.
Mr Grivet travaille dans la même administration que Camille et Laurent qui rient de ses petites manies.

Laurent, lui, est un ami de Camille et il est traité comme s'il était le frère de Camille... ce qui déplaît fort à Thérèse...
Justement, Laurent, qui voulait devenir peintre, a décidé d'offrir un tableau à Camille le représentant. Et quand débute la pièce, c'est la dernière séance de pose de Camille...

Le reste ? ben c'est à votre tour de lire ;)

Bonne lecture!

Bisous,
@+
Sab

5 octobre 2015

Honoré de Balzac : Le Faiseur

Ah que coucou !

Non, aujourd'hui je ne vous propose pas une œuvre tirée de la Comédie humaine (Balzac n'a pas écrit que cela) mais une pièce de théâtre avec laquelle Balzac nous invite à nous amuser des malheurs d'un spéculateur : Mr Mercadet...

9 ans avant que ne commence cette histoire, Mr Mercadet était associé avec Mr Godeau qui, pour trouver fortune, part avec la caisse aux Indes... Mr Mercadet se retrouve donc, du jour au lendemain, devant faire face seul aux créanciers, sans un sou vaillant en poche... et malgré cela, nous le retrouvons, 9 ans plus tard, endetté et rusant pour survivre à la tête de ce que certains prétendent être une petite fortune, pendant que d'autres le savent ruiné... parviendra-t-il à sortir la tête de l'eau ? il y croit dur comme fer surtout depuis qu'il sait qu'un ami de sa femme, Mr de Méricourt, connaît un jeune homme, millionnaire, qui est tombé fou amoureux de sa fille Julie... le mariage pourra-t-il se faire, malgré que Julie soit sans dot et que les fournisseurs refusent de livrer nourriture et vêtements afin de recevoir dignement le riche prétendant ? Vous le saurez en lisant la pièce de théâtre suivante :

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Format : pdf
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Langue : Français
Bonne lecture!

Bisous,
@+
Sab

7 octobre 2013

Eugène Ionesco: Rhinocéros

Ah que coucou!
 
Afin de nous remettre au travail, je vous propose aujourd'hui la pièce de théâtre suivante:

 
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Langue: Français

Ce que j'adore chez Ionesco, c'est qu'il joue avec les mots... un véritable délice littéraire. Dans cette pièce, il prévient, entre autre, qu'il ne faut pas toujours chercher à comprendre les choses au second degré... oui, parfois, il faut savoir resté au premier degré et ne pas forcément tenter de tout comprendre au second degré, car parfois (oui, cela arrive) il n'y a pas du tout de second degré...

Petit conseil aussi pour lire du Ionesco: rester concentrer sur votre lecture! Surtout ici où les personnages ne suivent pas la même conversation en même temps avec toutes les personnes présentes sur scène.  Ici aussi, un bon conseil, chercher à trouver les raisons pour lesquelles les rhinocéros apparaissent dans la scène à CE moment précis...

Bonne lecture!

Bisous,
@+
Sab

8 septembre 2013

Sophocle : Antigone

Ah que coucou !
 
Voici la suite d’Œdipe-Roi (pour accéder directement au billet et au livre en ligne, cliquez ici), comme je l’ai annoncé dans le billet ayant pour titre : Mythes et Légendes de la Grèce antique : Œdipe et Antigone (pour y accéder directement, cliquez ici) :
 
 
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Format : pdf
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Langue : Français
 
Comme je suis un peu paresseuse aujourd’hui je vais recopier ci-dessous la notice sur cette tragédie grecque dont vous connaissez déjà toute l’histoire ;) – il est donc inutile que j’en fasse un court résumé par moi-même (surtout quand des professionnels l’ont fait avant moi) ;p à la suite duquel vous trouverez quelques mots concernant la traduction de cette tragédie…
 
Nous sommes à Thèbes. Les deux fils d’Œdipe, Etéocle et Polynice, viennent de s’entre-tuer ; le pouvoir revient à leur oncle Créon ; celui-ci décrète qu’on rendra les honneurs funèbres à Etéocle qui défendit la cité, mais que Polynice, ayant porté les armes contre son pays, sera privé de tombeau. On sait l’importance de l’ensevelissement dans les religions antiques ; l’âme errait, malheureuse, sur les bords du Styx, quand le corps n’avait pas été inhumé ou brûlé selon les rites. Antigone, fille d’Œdipe, n’abandonnera donc pas la dépouille de son frère aux oiseaux de proie. Malgré l’édit de Créon, sachant qu’elle s’offre à la mort, elle rendra les derniers devoirs à Polynice. Surprise, tandis qu’elle fait les libations autour du cadavre, on la mène devant le roi, qui ordonne de l’enfermer, vivante, dans une tombe.

Hémon, fils de Créon et fiancé d’Antigone, a beau supplier son père, la sentence est exécutée. C’est alors que vient le devin Tirésias qui prédit au roi, s’il s’obstine, les pires calamités. Créon s’emporte, d’abord ; puis il cède, effrayé, et part pour délivrer Antigone ; mais la jeune fille s’est pendue dans le tombeau ; Hémon se tue près d’elle après avoir voulu frapper son père. Eurydice, femme de Créon, se suicide quand elle apprend ces malheurs, et le roi lui-même, à moitié fou, appelle la mort.
 
*
***
 
Le conflit entre les lois divines et les lois humaines fait el sujet de la pièce. Les dieux veulent que Polynice soit enseveli. Antigone se sacrifiera pour accomplir le geste que réclame la religion. A Créon qui lui demande comment elle a osé braver ses édits, vois ce que répond la fille d’Œdipe :
 
C’est que Zeus n’avait point proclamé cet arrêt.
Celle qui vit avec les dieux d’en-bas, Diké,
n’avait point établi cette loi pour les hommes,
et je ne croyais pas tes édit – qui ne viennent
que d’un mortel – assez forts pour enfreindre
les lois sûres, les lois non écrites des dieux.
 
Le caractère d’Antigone est assez complexe. Elle n’a point cette fougue dans l’accomplissement du devoir qui éclate chez les héros cornéliens ; elle est sensible et réfléchie ; c’est à force de volonté qu’elle triomphe de son cœur de femme. Au début, elle s’adresse à Ismène avec tendresse ; elle se plaint de la destinée, mais, devant les hésitations de sa cadette, elle se fâche, persifle, et va jusqu’à l’insulte. Avec Créon, elle se montre, d’abord, d’un calme parfait ; elle répond avec hauteur et simplicité. Puis elle raille amèrement:
 
Tu m’as prise. Veux-tu rien de plus que ma mort ?
 
Elle blâme vertement la lâcheté des vieillards :
 
Et tous ici m’approuveraient
si la peur ne fermait leur bouche.
 
Dans sa seconde entrevue avec Ismène, elle est pour celle-ci d’une extrême dureté ; elle a quelque chose de farouche. Au fond, malgré tous les malheurs qu’elle a soufferts, elle regrette la vie ; elle le criera, d’ailleurs, au moment qu’on l’entraînera vers la tombe :
 
Je m’en vais sans être pleurée,
Sans nulle amitié, sans amour…
 
Ce qui la réconforte, c’est la pensée d’être bien accueillie par ses parents disparus :
 
Mais, du moins, j’ai l’espoir, qu’arrivant chez Hadès,
vous m’accueillerez avec reconnaissance,
O père, ô mère, ô frères aimés !
 
Elle regrette le soleil et l’hymen :
 
Par Hadès, l’Endormeur, je me voix entraînée,
            vivante, au bord de l’Achéron,
alors que je n’ai rien connu de l’hyménée…
 
Antigone ne paraît donc pas simplement héroïque comme un personnage de Corneille ; elle n’est pas non plus la simple femme de Racine. Elle a ce que n’ont guère les créatures de nos deux tragiques : le souci des grands problèmes. Elle se demande qu’elle est la vraie pensée des dieux. A Créon qui expose sa morale d’homme et de roi, elle répondra :
 
Qui sait si, chez les morts, ces maximes sont justes ?
 
En face d’Antigone, nous voyons Ismène, craintive, mais courageuse au fond, qui, après avoir blâmé l’audace de sa sœur, demande à suivre celle-ci dans la mort ; Créon, cruel quand il se croit fort, tremblant dans l’adversité, parfois comique ; Hémon – d’abord soumis, respectueux ; puis, emporté, mordant, quand son père se montre intraitable – parfait amant don, chose étonnante, Antigone ne prononce jamais le nom ; Tirésias, majestueux, profond et menaçant, comme il sied aux interprètes de la pensée divine ; enfin, le chœur des vieillards qui montre la couardise et la coupable légèreté de la foule, lente à comprendre ce qui se passe, toujours prête à changer d’opinion.
 
*
***
 
Quand il s’agit de rendre en français un texte ancien, il faut choisir entre deux méthodes. Si l’on veut, avant tout, faire œuvre artistique, il est bon de ne pas suivre de trop près le texte original, de couper ce qui paraît long, ce qui déroute notre goût moderne, ne conservant pour le lecteur que les beautés sans rides, d’ailleurs innombrables chez les auteurs grecs. Mais, si l’on se propose, comme c’est ici le cas, de donner une traduction pure et simple, on ne doit épargner à celui qui la lira, ni les répétitions, ni les sentences, ni les expositions mythologiques. On trouvera donc tout cela dans les pages qui vont suivre.

Une autre question se pose, délicate à résoudre. Comment traduire le vers grec ?

Si la prose honnête ne suit que difficilement le rythme, le mouvement lyrique de ces tragédies qu’accompagnaient – ne l’oublions pas – la musique, il est certain, aussi, que le vers rimé oblige le traducteur, tantôt à employer d’inutiles périphrases, tantôt à dérober aux mots grecs, qui évoquent tant d’images, une grande partie de leur riche signification ; c’est de quoi nous nous sommes rendu compte en traduisant le « Prométhée » d’Eschyle qui a paru dans cette même collection. Devant ces difficultés, nous avons pris un moyen terme : nous avons adopté le vers blanc, employant presque toujours l’alexandrin, mais n’hésitant pas à nous servir des mères de dix et huit syllabes, quand ils suffisaient, par miracle, à rendre les vers grecs correspondants.

Restaient les parties lyriques qui, selon nous, appellent la rime ; nous les avons rimés, souvent avec une indigence dont nous tenons à nous excuser. Qu’on nous pardonne nos imperfections, en songeant à la dure contrainte que subit un traducteur fidèle, à chaque page, à chaque vers.
 
Voilà, vous savez tout maintenant sur Œdipe et Antigone ;)…
 
Bonne lecture !
 
Bisous,
@+
Sab
 

28 août 2013

Molière : Le dépit amoureux

 
Ah que coucou !
 
Aujourd’hui je vous propose la pièce de théâtre suivante :
 
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Format : pdf
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Langue : Français
 
dans laquelle nous constatons qu’il était fort simple d’usurper l’identité d’une personne dans ce XVIIe siècle dans lequel les pièces d’identité étaient inexistantes. De plus, il semblerait aussi qu’il n’était pas coutume dans ce temps-là de prouver un mariage en produisant son acte…
 
Oui, le domestique de Valère : Mascarille, prétend au père de celui-ci ainsi qu’au père de Lucile que son jeune maître Valère et Lucile se sont épousés secrètement… si secrètement que Lucile dément elle-même cette affirmation… ce qui énerve Valère et promet à Mascarille de nombreux coups de bâtons…
De plus Eraste, l’amant de Lucile, ne supporte que très mal toute cette affaire-là et soupçonne une tromperie honteuse de sa maîtresse, avec laquelle, poussé par son valet Gros-René (amant de Marinette, la servante de Lucile), il décide de rompre...
 
Mais, rassurez-vous, toute cette histoire se termine bien (comme toujours)
 
Bonne lecture !
 
Bisous,
@+
Sab

27 août 2013

Théâtre: Le mari, la femme et la mort




Ah que coucou!

Détendons-nous un peu en ce début de semaine en riant devant cette pièce de théâtre:

 
Oui, il ne s'agit ici que d'un extrait gratuit mis à disposition par l'INA. Mais cela vous permet toutefois de vous mettre dans l'ambiance... de commencer à comprendre où se trouve le problème de ce couple: l'épouse a épousé son mari en estimant qu'elle serait veuve prochainement pendant que le mari a épousé l'épouse parce qu'elle le soignait bien et qu'il retrouvait la vie... Evidemment, cela n'est pas pour plaire à ce duo: l'épouse et son frère qui attendent impatiemment un juteux héritage...
 
Ce sujet est traité avec beaucoup d'humour et est parsemé de nombreuses tentatives d'assassinat qui mènent l'action vers le rire. Oui, quoi de mieux que de rire de la mort ;) ?
 
Riez bien pour ceux qui acceptent de débourser un peu d'argent afin de visionner cette pièce dans sa globalité!
 
Bisous,
@+
Sab



30 mai 2013

Molière : Sganarelle ou le Cocu imaginaire

 
Ah que coucou !
 
Cela faisait depuis longtemps que je ne vous avais rien proposé de ce grand auteur français… et bien aujourd’hui, je vous propose cette courte pièce (d’un acte) :
 
 

Sganarelle-ou-le-Cocu-imaginaire

Sganarelle ou le Cocu imaginaire
accessible au téléchargement/lecture en cliquant ici
Format : pdf
(logiciel fourni gratuitement par Adobe)
Langue : Français
 
dans laquelle Molière nous rappelle à tous que la jalousie n’empoisonne pas seulement la vie du dit-jaloux, mais aussi de tout son environnement qu’il soit proche (famille) ou géographique (voisins). Et cela peut devenir grave, si par le fait d’un mari jaloux, les amoureux voisins se mettent à se battre et à se séparer…
 
Dans notre vie nous avons tous eu à faire, hélas pour nous, à ces jaloux, à ces possessifs qui empoisonnent la vie de ceux qu’ils prétendent aimer, jusqu’à leur faire vivre un véritable enfer. Un jour, un de ces jaloux a même eu le culot de me dire que je ne l’aimais pas, vu que je n’étais pas jalouse et que j’en avais marre de sa jalousie… mais est-ce ne pas aimer que de vouloir que l’autre vive en paix, sans se demander quelle raison la personne jalouse et possessive va encore trouver pour lui faire passer un moment exécrable ? Quand on aime, on n’accuse pas l’autre des pires défauts ; quand on aime, on n’accuse pas l’autre de mentir ; quand on aime, on n’accuse pas l’autre de nous tromper, de nous duper… On fait ceci quand on n’a pas confiance en l’autre, quand on ne l’aime pas, quand on le déteste même !
 
Alors qu’en général nous nous débarrassons de ces excessifs plus ou moins rapidement (chez moi je dois sûrement battre le record de rapidité ;)), la femme de Sganarelle, elle, adopte une autre solution (peut-être aussi parce qu’à l’époque de Molière, divorcer n’existait pas). Son mari l’accuse : elle ne le détrompe pas, surtout qu’elle-même a cru voir de ses yeux vu son mari Sganarelle porté un peu trop d’attention à leur jeune et jolie voisine, Célie…
Non détrompé par sa femme, Sganarelle se met à chercher des noises à Lélie… qui se met à croire que Sganarelle a épousé Célie, pendant qu’il était absent… et Lélie accuse donc Célie de ne pas être fidèle à ses promesses…
 
Mais ne vous inquiétez pas car, comme toutes les pièces de Molière, cette histoire se termine bien…
 
Bonne lecture !
 
Bisous,
@+
Sab

13 mai 2013

Anton Tchekhov : Les Méfaits du Tabac

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Ah que coucou !
 
Comme vous pouvez le constater, connaître la dangerosité du tabac sur la santé ne date pas de ces dernières années. En Russie et à la fin du 19e siècle, la population le savait déjà ! Et oui, aujourd’hui je vous propose, les 2 versions de la pièce de théâtre écrites par Tchekhov en 1888 et 1902 :
 
Les Méfaits du Tabac
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Format : pdf
(logiciel fourni gratuitement par son concepteur : Adobe)
Langue : Français
 
Pourquoi vous fournir aujourd’hui les deux versions ? Et bien pour que vous puissiez comparer entre ce que l’on savait et ce que l’on voulait apprendre au peuple en 1888 sur les méfaits du tabac et sur la volonté évidente de ne pas prévenir la population que « fumer peut nuire à la santé » en 1902…
 
Oui, dans ces deux versions on voit la volonté flagrante de rire, à partir de 1902, de ceux qui prétendaient que le tabac était sans danger ;)… pourtant, ceux qui, aujourd’hui, doivent se faire soigner d’un cancer pour avoir trop fumé, est-ce drôle ? Est-ce drôle aussi pour ceux à qui on a supprimé une partie de leurs poumons ? Est-ce drôle aussi pour ceux qui ont leurs artères obstruées par le goudron contenu dans toutes les cigarettes ?
Il n’y a là, rien de drôle, rien de comique et je trouve même scandaleux, qu’à une certaine époque, l’armée fournissait gratuitement les cigarettes aux soldats ! ce qui encourageait, ceux qui ne fumaient pas encore, à se mettre à fumer… juste pour faire comme les autres…
 
Personnellement je n’ai jamais ressenti le moindre plaisir à fumer une cigarette… certes, quand nous ignorons quoi faire de nos mains, elles se trouvent là, occupées (c’est bien le seul avantage que je vois dans le fait de fumer). Après ma première bouffée de cigarette, je me souviens de n’avoir pas cessé de tousser pendant plus d’une dizaine de minutes, je me souviens aussi de la sensation désagréable d’avoir une haleine pestilentielle. Maintenant quand je fume une cigarette, ce n’est nullement par plaisir, mais souvent parce que je suis avec une personne qui fume, pour mon goût, beaucoup trop, alors je l’aide à terminer son paquet de cigarette pour qu’elle arrête de m’envoyer la fumée de sa cigarette dans le visage…
Autre inconvénient de la cigarette est le fait que l’intérieur où vit un fumeur pue la cigarette froide tout comme ses vêtements… comme il est désagréable de manger à côté d’une personne qui fume : le goût des aliments sont différents et, selon la marque de cigarette fumée, peuvent devenir infectes (beurk ! manger à côté d’une personne qui fume des cigarettes fortes !! en plus d’être enfumée, empestée, déguster un bon plat/vin devient très désagréable car dans le goût compte aussi beaucoup l’odorat).
 
Mais dans ce monologue, il n’est pas seulement question du tabac, mais aussi de la vie dans une pension, et bizarrement, quand j’ai lu la version de 1888 de cette pièce, je peux dire que cela était encore vrai en 1989 (la seule année où j’étais à l’internat) à croire qu’Anton Tchekhov avait vécu dans le même internat que moi ! ;) mdrrrrr !!!! Maman, si tu veux savoir ce que ta petite dernière a réellement vécu à cette période, je te conseille de lire la version de 1888 quand il narre l’épisode des crêpes ;) !!! Quoi qu’il en soit on constate, à la lecture de cette première version de la pièce, que les profs russes de la fin du 19e siècle avaient les mêmes problèmes que les profs français d’aujourd’hui… comme quoi, l’histoire n’est qu’un éternellement recommencement ;)…
 
Bisous,
@+
Sab

20 avril 2013

Françoise Dorin : L’Etiquette


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Ah que coucou !
 
Comme vous vous en doutez en regardant l’image ci-dessus, pour des raisons juridiques je ne peux pas vous fournir, cette fois-ci, un exemplaire numérique gratuit de cette pièce de théâtre qu’est :
 
L’Etiquette
 
Par contre, je peux vous donner envie de la lire ;)…
 
Si vous aimez rire, si vous supportez que nos auteurs puissent nous amuser de nos défauts, en tant que peuple français, cette pièce est faite pour vous divertir. D’ailleurs, pour vous le prouver, consultez l'extrait que j'ai inséré au-dessous de ma signature et de la couverture du livre (vidéo, scène) où vous apprenez ce qu’est cette Etiquette… à quoi elle sert… depuis quand elle sévit en France ;)…
 
L’histoire débute ainsi…
Une troupe de théâtre amateur a décidé de présenter une pièce écrite par l’un d’entre eux : celui qui joue le rôle d’Arthur Caporet…
 
Quand on la lit/regarde au premier degré, on y trouve une retranscription moderne de la célèbre œuvre shakespearienne : Roméo & Juliette… A cause de l’Etiquette, les familles Montardu et Caporet sont ennemies. Toutefois notre Roméo, Arthur Caporet, est amoureux fou de sa Juliette, Georgette Montardu… et Georgette est amoureuse folle d’Arthur… Mais contrairement à la pièce de Shakespeare, Arthur et Georgette ne meurent pas à la fin… Evidemment, comme dans toute histoire qui doit bien se terminer, nous avons notre bonne fée qui, dans cette pièce, n’est autre que l’oncle paternel de Georgette, le demi-frère de Roger Montardu : Georges Rousseau qui va aider les jeunes amoureux à réconcilier leurs parents afin de pouvoir se marier… Mais pour cela, il faut passer outre l’Etiquette, celle qui définit et proclame au monde qui est C (Con) et qui est I (Intellectuel). Et oui, la famille Montardu fait partie de la première catégorie, tandis que les Caporet sont dans la seconde, ce qui représente un énorme obstacle infranchissable à nos 2 amoureux pour se marier. En effet, Georgette doit choisir entre un des deux fils Beauchard (qualifiés par l’Ordinateur de B.C. = Brave Con) pendant qu’Arthur est encouragé à épouser Stéphane Antinos (une I comme lui).
 
Mais si nous regardons cette œuvre d’un autre œil, nous y trouvons aussi un sujet philosophique mélangé à de la psychologie…
En effet, Françoise Dorin profite de cette pièce pour dénoncer certains de nos défauts...
 
Le Français, par exemple, aime bien cataloguer son contemporains (le faire entrer dans une case, une catégorie, un clan)… pour cela, regardez un peu autour de vous ! que voyez-vous ? Nous, qui restons souvent avec les mêmes personnes, dans le même groupe souvent très étanche… Certains vont même, quand il constate que des membres de leur groupe vont fureter un peu à droite et à gauche pour voir ce qu’il s’y passe, jusqu’à boycotter ce curieux et à demander aux autres membres du groupe d’abandonner ce coureur qui ne semble pas se satisfaire d’appartenir qu’à un seul groupe !
Et bien dans la pièce, nous y retrouverons ce phénomène… Georges, étant le demi-frère de Montardu, celui-ci estime qu’il doit être un membre à part entière du groupe C. Or Georges a l’esprit bien trop vif, même pour une I telle que Gabrielle Caporet (la mère d’Arthur) qu’il se permet de ridiculiser avec intelligence… Mais voilà, lors de recensement, quand Georges donne son questionnaire à la machine, celle-ci le classe dans une catégorie inexistante, il est Intellicontuel ! c’est-à-dire qu’il est, selon les normes strictes de la machine, autant C que I… Evidemment, le peuple français, représenté par son gouvernement et plus spécialement par le ministre du Recensement, n’accepte pas cette différence et si Georges refuse toute conciliation, Roger est obligé de l’accompagner à l’aéroport afin de l’expulser de la France !
 
Notre intolérance (qui n’est malheureusement pas une spécialité strictement française) est aussi mise en scène dans cette pièce.
Nous la trouvons enfouie profondément dans Roger Montardu (qui ne supporte pas le clan des I) et dans le personnage de Gabrielle Caporet (qui refuse que son fils puisse aimer une C de peur de la contagion). Ces deux personnages vont même jusqu’à parler de race quand il s’agit d’une évaluation intellectuelle.
 
Est mise en scène aussi un autre point absurde et déjà traité sur mon blog, dans le billet « Peut-on quantifier l’intelligence ? » (pour y accéder, cliquez ici)… ou a été démontré qu’il était impossible avec des tests poussés de quantifier l’intelligence aux contraires des connaissances (malgré les croyances de certaines personnes), alors… une machine qui aurait dans son programme un logiciel permettant d’affirmer qu’un tel est plus intelligent qu’un autre ??? ;) mdrrrr !!! comme qui dirait, il n’y aurait que les C qui seraient naturellement susceptibles de le croire ;). Toutefois cette pièce nous parle de I qui croit en ce classement dur comme fer… mais bon… Gabrielle Caporet est-elle aussi intelligente que le prétend son étiquette ? Moi, j’en doute ;). Et elle ne doit pas être la seule quand on apprend que les I doivent toujours être sérieux, austère, et les C déconnards, joyeux, pas sérieux…
 
Sur cette pièce, il y a encore beaucoup à dire. Mais le mieux est que vous la lisiez ;)
 
Bonne rigolade ! et bonne lecture !
 
Bisous,
@+
Sab
977ed42b
 
 
 
 
Roger
La littérature maintenant… Tu crois vraiment que c’est un moyen d’existence ?
Georges
En tout cas, c’est un moyen d’exister… Et puis, ça ou autre chose, ne t’inquiète pas, je me débrouillerai. Il y a plus de trente ans que je me débrouille.
Roger
Tu te crois toujours plus malin que les autres.
Georges
Ca dépend quels autres. L’intelligence est une notion relative : on est toujours malin par rapport à certains, et idiot par rapport à d’autres.
Roger
Ah non ! C’est fini tout ça.
Georges
Depuis quand ?
Roger
Depuis le recensement. L’étiquette a simplifié tout ça.
Georges
Quel recensement ? Quelle étiquette ?
Roger
Tu ne vas pas me dire que tu n’es pas au courant ?
Georges
Comment veux-tu ? Je débarque.
Roger
Ca a fait du bruit, même au-delà de nos frontières.
Georges
J’étais dans le monde du silence.
Roger
Enfin, en venant de l’aéroport jusqu’ici, tu as bien rencontré des gens.
Georges
Oui…
Roger
Tu n’as pas remarqué qu’ils portaient tous des étiquettes, là ? (Il désigne sa poche de poitrine). B.C. ; J.C. ; V.C. ; S.C.
Georges
Oui, j’ai vu. J’ai cru qu’ils appartenaient à des clubs et que c’était leur insigne.
Roger
Mais C, ce n’est pas l’abréviation de Club.
Georges
L’abréviation de quoi, alors ?
Roger
De con.
Georges
De con !?
Roger
Oui. De con.
Georges
Tu plaisantes ?
Roger
Non ! B.C. : Brave Con ; S.C. : Sale Con ; J.C. : Jeune Con ; V.C. : Vieux Con.
Georges
Mais pourquoi portent-ils ça ?
Roger
Parce que c’est obligatoire. Pour le monde. Sous peine d’amende.
Georges
Mais, moi, je n’en avais pas.
Roger
A l’aéroport, ils ont dû te donner une carte provisoire attestant que tu venais de l’étranger.
Georges
Une carte ?
Roger
Blanche avec un liséré rouge.
Georges (il fouille dans ses poches et en ressort une carte)
Ah ! oui. Je l’ai mise dans ma poche, pensant que c’était une publicité.
Roger
Encore heureux que tu ne l’aies pas jetée : tu serais tombé sur un contrôle, on t’arrêtait !
Georges
Mais le petit Caporet n’en avait pas, d’étiquette.
Roger
Si, sûrement ! Mais elle devait être cachée sous son écharpe.
Georges
C’est possible.
Roger
C’est certain. Ils en mettraient plutôt deux dans la famille. Tu penses ! Ce sont des I.
Georges
Des I ?
Roger
Oui, des I.
Georges
Ah bon ! Il n’y a pas que des C.
Roger
Ah non, il y a les I.
Georges
Les Idiots ?
Roger
Non, les Intellectuels.
Georges
Ca alors ! Mais… je n’en ai pas rencontré dans la rue.
Roger
Ils sont moins nombreux, c’est pour ça.
Georges
Et eux aussi, les I, sont subdivisés comme les autres ? En braves I, en sales I, en jeunes I et en vieux I ?
Roger
Ah non, les I sont des I, c’est tout. Leur caractéristique c’est d’être intellectuels. Point final. Le reste se rattache à des notions bassement humaines qui ne les concernent pas.
Georges
C’est insensé ! Comment peut-on réunir sous une même étiquette des êtres aussi différents qu’un vieil intellectuel de gauche et un jeune intellectuel de droite ?
Roger
Il n’y a plus d’intellectuels de droite.
Georges
Ah bon !
Roger
Ils sont répertoriés dans les sales cons. Comme moi.
Georges
Ah ! parce que toi, tu es un…
Roger
S.C. Et j’en suis fier.
Georges
Et Mathilde ?
Roger
B.C.
Georges
Brave… euh…
Roger
C’est ça.
Georges
Le B est bien mérité.
Roger
Et Georgette est une J.C.
Georges
Et ton père a dû être un Vieux C exemplaire.
Roger
Il l’aurait été certainement, s’il n’était pas mort, hélas ! avant le premier recensement.
Georges
C’était quand ?
Roger
Il y a six ans. On en a déjà eu deux depuis. Le prochain a lieu demain.
Georges
Demain !
Roger
Oui ! Demain, tu auras ton étiquette.
Georges
Alors, ça, ça m’étonnerait, mais peu importe… Par simple curiosité, j’aimerais bien savoir qui a le culot de décréter qu’on est un I ou qu’on est un C.
Roger
L’Ordinateur.
Georges
L’Ordinateur ? Une machine !
Roger
Une merveille ! Tu remplis ta fiche de renseignements. Tu l’introduis dans l’ordinateur. Il se met en route. Il digère tout ça et, quelques secondes plus tard, il rend son verdict. Tu es tranquille. Il n’y a pas de problème.
Georges
Et si par hasard je ne suis pas d’accord avec lui ? Si j’estime mériter une autre étiquette que celle qu’il m’attribue ? Il n’y a toujours pas de problème ?
Roger
Non ! Pas de problème ! C’est toi qui as tort. L’Ordinateur ne se trompe jamais. L’erreur est humaine, pas mécanique.
Georges
Mais si néanmoins je suis persuadé du contraire, qu’il y a erreur, je peux me plaindre et demander une révision de mon cas ?
Roger
Bien sûr !
Georges
A un autre ordinateur ?
Roger
Non ! A l’Administration, mais je ne te le conseille pas. Tous ceux qui l’ont fait l’ont regretté.
Georges
Pourquoi ?
Roger
Ca dure des mois et des mois : on ouvre une enquête ; on t’envoie un fouineur assermenté qui fouille dans ta vie, comme un polyvalent dans tes comptes, et finalement on décrète…
Georges
… que l’ordinateur ne s’est pas trompé.
Roger
Exactement. Alors autant le croire tout de suite… et remplir sa fiche de renseignements avec soin et honnêteté. Je t’en donnerai une tout à l’heure. En tant que chef de section, ils m’en ont refilé une bonne pincée au ministère.
Georges
C’est le ministère des Finances qui s’occupe de ça ?
Roger
Ah ! non. Je n’y suis plus. J’ai été muté à celui du Recensement quand il a été créé. Mathilde aussi. Elle a été affectée au service de l’ordinateur. Moi, je supervise l’ensemble des opérations. Je suis comme qui dirait…
Georges
Chef de section.
Roger, enfilant sa veste
Voilà ! Tu me verras à l’œuvre demain. Je crois que tu seras épaté.
Georges
Oh ! Je le suis déjà… mais, dis-moi, qui est à l’origine de ça ?
Roger
De mes galons ?
Georges
Non, du recensement, de l’étiquette.
Roger
Antoine Blandichon, un député.
Georges
De gauche ou de droite ?
Roger
Il s’était présenté sans étiquette !
Georges
Un comble ! Et il est dans quelle catégorie ? Les intellectuels ou les autres ?
Roger
On ne sait pas, et on ne le saura jamais. Il est mort au lendemain de référendum, il y a sept ans environ.
Georges
Quel référendum ?
Roger
Celui où on nous a demandé de voter pour ou contre sa proposition.
Georges
Pour ou contre l’étiquette ?
Roger
Oui.
Georges
Et le vote a été positif ?
Roger
A 51%, comme d’habitude.
Georges
C’est incroyable !
Roger
Pourquoi ?
Georges
Que les intellectuels aient voté pour, à la rigueur, je peux le comprendre, mais les autres, les C ? Et c’est pourtant la majorité.
Roger
Mais bougre d’andouille, les autres, ils ne savaient pas qu’ils étaient des cons, puisqu’ils n’étaient pas encore répertoriés. Ils ne l’ont su qu’après. Avant ils espéraient.
Georges
Quelques-uns, peut-être, mais quand même, la plupart devaient bien se douter qu’ils n’étaient pas des intellectuels… Des gens comme toi, par exemple.
Roger
Oui d’accord, il y en avait.
Georges
Alors, ceux-là, pourquoi ont-ils voté « pour » aussi ?
Roger
Parce qu’ils étaient cons !
Georges
Ah oui ! ça c’est logique.
Roger
Tu vois !
Georges
Mais les 49% qui étaient contre, ils n’ont rien dit ?
Roger
On est en démocratie. Quand l’urne a parlé, le peuple s’incline.
Georges
Et il n’y a pas eu des remous par-ci, par-là ?
Roger
Il aurait pu y en avoir, mais la disparition subite de Blandichon a calmé les esprits. On ne manifeste pas contre un mort.
Georges
Ah ! c’est vrai que Blandichon est mort !
Roger
Hélas !
Georges
Tué par un contestataire ?
Roger
Non, il est mort de joie en apprenant les résultats de son référendum.
Georges
Justice immanente ! Il a été tué par où il avait péché.
Roger
Injustice, oui ! Le père du recensement méritait d’assister au moins aux premiers pas de son enfant.
Georges
Son enfant ? Dis plutôt son monstre. Ah ! Je te jure que si j’avais été là, on m’aurait entendu.
Roger
Pas plus que les autres mécontents.
Georges
Ah si ! Crois-moi, et j’aurais hurlé si fort que j’aurais fini par réveiller ce troupeau de veaux résignés.
Roger
Mais non ! ça s’est passé à cheval sur juillet et août. Les gens revenaient de vacances ou ils y partaient, alors tu sais…
Georges
Ah ! ça n’a pas changé, ça ! Toujours le même procédé : les guerres, les dévaluations, les hausses de prix, les impôts nouveaux… on dilue ça dans le soleil de l’été.
Roger
En plus, cet été-là, il y avait un temps exceptionnel, alors forcément…
Georges
On pensait plus au bronzage qu’à l’étiquette.
Roger
D’autant que la première année, ce n’était pas obligatoire de la porter sur le maillot de bain.
Georges
Parce que maintenant, ça l’est ?
Roger
Heureusement ! Sur les plages, c’était encore plus utile qu’ailleurs. A poil, c’était la pétaudière. On ne savait plus qui était qui : un type te disait quelque chose que tu ne comprenais pas. Tu lui répondais comme si c’était un con. Manque de pot, c’était un intellectuel, ça devenait grave.
Georges
Parce que tu crois vraiment que l’étiquette supprime ce genre d’erreur ?
Roger
Evidemment ! Maintenant, à toute heure, en tous lieux, tu sais immédiatement à qui tu as affaire.
Georges
Personnellement, je préfère découvrir peu à peu et par moi-même.
Roger
Ca prend du temps.
Georges
Pas tellement, hélas !
Roger
Ah si ! quand on tombe sur des zigotos comme toi… avec lesquels on ne sait jamais sur quel pied danser.
Georges
Tu ne le saurais pas davantage si j’avais une étiquette.
Roger
Mais si !
Georges
Mais non ! Un être humain, si simple, si fruste soit-il, ne se définit pas aussi succinctement.
Roger
Si tu vas par là, le galon aussi, c’est succinct. Pourtant ça suffit pour définir le militaire.
Georges
Je ne te suis pas bien.
Roger
S’il n’y avait pas de galon, comment saurait-on si on parle à un colonel ou à un deuxième classe ?
Georges
Ca renseigne sur le grade, pas sur l’homme, pas sur le caractère, pas sur l’esprit.
Roger
Ca éclaircit déjà les choses. Comme l’étiquette. Et crois-moi, avec ceux qui ont les deux : ça (il désigne ses galons), et ça (il désigne son étiquette), il n’y a pas beaucoup de risques d’erreur.