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6 juillet 2014

Reporter photographe : Pourquoi ça n'a pas marché ? ;)

Ah que coucou !

Aujourd'hui nous allons revenir sur un fait datant des années 90... les années où on m'a proposé de devenir "reporter photographe"...
Tous mes proches connaissent mon goût pour la photographie... et ça ne date pas d'hier... certains prétendent même que c'est dans mes gènes vu que mon grand-père maternel a lui-même hérité de ce goût pour la photo de son père et de son grand-frère qui ont "connu" la naissance de la photographie en France...
 
Un jour on m'a proposé de me former au métier de photographe-reporter... formation assurée par un reporter-photographe libre (c'est-à-dire qu'il n'avait pas de contrat qui le liait à un journal)... pourquoi cela n'a-t-il pas marché ???
 
La première cause est due à une discussion que nous avons eue un jour, mon formateur et moi, discussion qui a mené à un désaccord palpable, sur le fait qu'un reporter-photographe doit être capable de "mourir pour une photographie" !! Tandis que mon formateur préconisait que nous devons être capables de sacrifier notre vie, notre famille à une photographie, j'ai prétendu son contraire... car, à quoi sert de sauver une photo si nous sommes incapables de la dispatcher aux différents journaux parce que nous sommes morts ou emprisonnés à vie ??? En effet, qui regarde la mémoire de l'appareil photo d'un des nombreux reporter-photographes qui décèdent annuellement pour avoir pris une photo qui a mis sa vie en danger ou qu'il ne fallait pas ??? J'ai beau me triturer les méninges afin de me souvenir de la dernière fois où une telle photo a été publiée, je ne trouve pas... quelqu'un a-t-il un exemple à nous fournir ???
 
La seconde cause est due au synopsis ;)... oui, pour être reporter-photographe indépendant, il faut connaître mieux un sujet que ceux qui vouent tout leur temps à l'étude de tel ou tel sujet.... oui, c'est incroyable tout le travail de documentation qu'il faut faire afin d'élaborer le synopsis pour un documentaire !!
La logique voudrait que nous faisions d'abord toutes les visites, les entretiens avec les spécialistes, etc. avant de faire un quelconque synopsis afin d'avoir les dernières découvertes dans notre reportage... mais voilà, à cause des différentes autorisations qu'il faut demander afin d'interroger tel ou tel individu, d'aller dans tel ou tel endroit, il faut écrire d'abord le synopsis (hic !) pour le présenter aux autorités compétentes... de ce fait, non seulement il faut être hyper documenté sur un sujet précis, mais nous ne pouvons pas nous laisser séduire par telle ou telle découverte que nous aurions faites lors des différents entretiens...
 
Voilà pourquoi Sab n'est pas devenue Reporter-Photographe et pourquoi elle ne le sera jamais : j'aime bien prendre des photo, certes, mais j'aime tout autant me laisser surprendre par ce qu'elles me font découvrir du monde qui m'entoure ;)...
 
Bisous,
@+
Sab

26 juin 2014

22 juin 2014 : Feu d'artifice à Château-Thierry

Ah que coucou !

Comme promis, voici le film que j'ai fait du dernier feu d'artifice auquel j'ai assisté ce mois-ci :



et voici quelques images tirées du film :


































Bisous,
@+
Sab

29 novembre 2013

Singe et fière de l'être ;)...

Ah que coucou !

Les collègues de travail m'estiment souvent trop sérieuse parce que j'estime n'être nullement payée pour faire le zouave ou raconter des histoires drôles (par contre, je n'ai rien contre le fait de rire parfois, surtout quand cela vient d'un client)... alors, quand ils me rencontrent hors de l'entreprise, ils sont toujours étonnés de se trouver en face d'une toute autre personne à laquelle ils n'ont nullement l'habitude. Donc, pour eux, voici la véritable image de Sab dans la vie privée:



Cette photo date évidemment de quelques années mais elle reflète bien ma personnalité dans le privé. Sab, la loustic/lustig, prenant la vie du bon côté, toujours prête à faire le singe et à rire (même d'elle-même).

Bon, je vais toutefois vous expliquer pourquoi Sab, pour la photo, s'est transformé en singe.

Cela concerne ce T-shirt expédié par l'une de mes anciennes collègues anglaises:




Ces T-shirts avaient été imprimés à l'occasion d'un salon international à laquelle mes collègues anglais prenaient part. Cette ancienne collègue (hélas décédée aujourd'hui des suites d'un cancer) avait expédié un T-shirt à chacun de ses correspondants étrangers en échange duquel elle nous avait demandé de nous prendre en photo ainsi vêtu et de la lui expédier... Évidemment, Sab, en voyant le singe sur le T-shirt et estimant que le singe représentait bien son caractère, a décidé d'expédier à cette amie une photo de la sœur jumelle du singe ;)... Alors, la veille de la prise de la photo, je suis allée au coiffeur avec le T-shirt et, pour la première de sa vie, mon coiffeur m'a entendu lui annoncer: "cette fois, je sais quelle coiffure je veux et ne vous en laisse pas le choix" en lui montrant le singe du T-shirt... évidemment, crise de fou-rire du coiffeur qui montrait à ses collègues ce que je lui demandais comme coiffure mdrrrr !!
Pour le maquillage, il a été fait par ma sœur...

Inutile de dire que cette photo a fait si plaisir à son destinataire qu'elle a fait tout le tour du groupe... mon image d'employée sérieuse en avait prise un sacré coup ;) mdrrrrr !!! surtout le lundi matin quand je suis arrivée au bureau avec cette coiffure de singe ;) mdrrrrr !!! et j'ai été quitte, quelques jours après, de me faire photographié habillée et maquillée normalement pour que cette collègue puisse voir correctement mon visage ;)...

Quoi qu'il en soit, moi, quand on me traite de singe, je ne prends pas cela pour une injure mais pour une vérité parce qu'il est rare que dans le privé, je ne fasse pas le singe ;) mdrrr !!! La Sab sérieuse c'est pour le travail et ceux que je ne fréquente pas dans le privé ;)...

Bisous,
@+
Sab

22 janvier 2013

La France de 1900 [Les fonds Seeberger]


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Ah que coucou !
 
Oups ! J’ai oublié de le poster cette nuit… désolée.
 
Pour continuer à expliquer ce qu’est ce livre admirable, voici expliqué par le Chef de Service photographique de la Caisse nationale des Monuments historiques en poste à l’époque où cet ouvrage a été édité (octobre 1979) ce que sont ces fameux fonds qui ont servi à Hubert Juin pour élaborer cette collection de photographies de la France en 1900 (texte se trouvant sous ma signature).
 
Et parce que j’suis fatiguée, pour ma part, je n’en écris pas plus ;)
 
Bonne pause K-Wa !
 
Bisous,
@+
Sab
 
 
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Les fonds Seeberger
 
 
C’est en 1976 que sont entrées aux Archives photographiques les quelques 3000 plaques constituant le fonds photographique des trois frères Jules, Louis et Henri Seeberger, fonds réalisé à la charnière des 19e et 20e siècles. Ces plaques, clichés-verre au gélatino-bromure d’argent, de format 13x18, sont pour la plupart dans un assez bon état de conservation.
Depuis leur acquisition, elles ont fait l’objet de tirages d’épreuves et d’un inventaire. En outre, un catalogue, des albums de références ainsi que des index thématiques sont en cours de réalisation.
Cette œuvre photographique présente des qualités esthétiques et un aspect créateur indéniables. Nous nous limiterons cependant à l’analyse du fonds pour en dégager les thèmes essentiels et montrer en quoi et à qui il peut être de la plus grande « utilité ».
Nous nous attacherons principalement à l’aspect documentaire du fonds Seeberger, en essayant de mettre en exergue le rôle informatif de ces 3000 images, qui plongent directement dans les racines socio-culturelles de notre passé récent.
 
 
*
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Pour un homme d’une quarantaine d’années, l’époque concernée est celle de la jeunesse de ses grands-parents : vingt années, de 1895 à la Grande Guerre. La France, rapidement relevée des séquelles de la défaite de 1871, connaissait alors une seconde étape de sa révolution industrielle. Les transformations considérables des sciences et des techniques allaient de pair, comme cela se produit fréquemment, avec des changements dans les rapports sociaux.
 
 
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Géographiquement, c’est quasi exclusivement la France qui a été explorée, et principalement la France urbaine – amputée de l’Alsace-Lorraine – et touristique : littoral méditerranéen, côte normande, montagnes de Savoie… Ce choix s’explique aisément : les frères Seeberger réalisaient leurs « campagnes photographiques » en vue de proposer leurs clichés à des fabricants de cartes postales. Ce secteur, alors en plein essor, fit naître quantité de vocations. La carte postale, forme de message utilisée principalement par des personnes en déplacement, orientait donc, par là même, l’activité des photographes. Les frères Seeberger travaillèrent largement en ce sens, photographiant les villes où l’on se déplaçait pour affaires et les lieux où les couches sociales aisées se rendaient pour le tourisme et les loisirs.
Nombre d’images laissées par les frères Seeberger sont des documents offrant un intérêt principalement topographique : sites naturels, sites urbains, monuments.
Les « grands monuments » anciens et modernes de la ville explorée font généralement l’objet de plusieurs clichés. La cathédrale ou l’église principale est représentée par des vues d’ensemble, et très souvent par des vues de détails de l’extérieur ou de l’intérieur. Les édifices plus récents, ou même tout à fait contemporains, qui font la fierté de la cité – palais de justice, hôtel de ville, gare, place à l’ordonnance monumentale, pont, théâtre – sont largement abordés.
Mais au-delà de l’aspect purement monumental de la ville sont immortalisés également les rues principales, le paysage urbain, et par là même la vie quotidienne qui se déroule dans cet espace urbain. La vie sur les quais du vieux port ou dans les grandes artères de Marseille nous est livrée avec minutie, souvent, comme celle qui se déroule au bord des bassins du Havre ou dans les rues niçoises ou lyonnaises. Des stations balnéaires au développement récent sont aussi dépeintes jusque dans leurs détails anecdotiques : Deauville, Trouville, les stations de la mer du Nord qui accueillent déjà les enfants de santé fragile.
Beaucoup plus rarement ont été fixés par l’objectif des frères Seeberger les paysages de la France et de leur époque. Les sites naturels retenus le sont en général suivant les critères essentiellement touristiques : paysages maritime, notamment d’admirables vues de la côte varoise où l’on vient de construire la route de corniche : sites montagneux, parmi lesquels la mer de Glace qui attire déjà touristes et sportifs.
Il n’en faut pas pour autant conclure que le seul intérêt du fonds Seeberger est d’ordre topographique. Comme nous l’avons déjà souligné, le fonds n’est pas la représentation statique des lieux. Il est aussi photographique de la vie. Bien que n’étant qu’occasionnellement des photographes de reportage, les frères Seeberger ont su conférer à leurs documents un caractère sociologique certain, en saisissant « sur le vif » la société de l’époque, les petits comme les grands, le monde du travail comme celui de l’oisiveté.
Parmi les centaines de documents qu’ils nous ont laissés sur la côte méditerranéenne, ils auraient pu tout simplement se contenter de saisir l’aspect assez superficiel d’une certaine société d’oisifs. Cette société-là, ils l’ont certes dépeinte en soulignant minutieusement ses principales préoccupations, et cela nous donne ce couple de bourgeois sortant d’une banque à Monte-Carlo, ces hommes affairés sur le champ de courses de Cagnes-sur-Mer, ces badauds au soleil sur la promenade des Anglais ; hôtels luxueux, restaurants à la mode, tous ces lieux que cette société affectionne, dont le Palais des Fêtes à Nice est un des plus beaux exemples.
Mais ils n’en sont pas restés là dans leur peinture, et c’est avec force détails qu’ils nous font connaître un phénomène primordial de ce siècle débutant, le formidable développement des moyens modernes de transport grâce auxquels justement a pu devenir « touristique » cette région de France si éloignée de la capitale. Ce sont ces clichés saisissant du chemin de fer en gare de Cannes ou encore jaillissant du tunnel d’Eze-sur-Mer. C’est le port de Marseille où se côtoient encore voiliers et steamers, paquebots et embarcations de pêcheurs : ce port de Marseille dont l’activité grouillante est fixée pour l’éternité.
Ils sont même allés plus loin, nous révélant la vie quotidienne des petites gens et, toujours dans ce pays méditerranéen, ce sont ces femmes accroupies à Nice le long du Paillon, ces bugadières en train de laver leur linge, ces nurses aux jardins Albert 1er, ces truculentes scènes de marché où superbes légumes et coquillages font la fierté de celui qui tient l’étal. Ces petites gens nous sont également présentés dans leurs loisirs et ce sont toutes ces scènes de fêtes foraines avec les « monstres » qui font rire ou qui font peur, guignol devant qui les enfants sont ébahis, l’équilibriste qui laisse perplexe cette foule agglutinée autour de lui.
C’est donc la photographie d’une société au travail, d’une société qui s’amuse, d’une société vivante, que nous ont laissée les trois frères Seeberger.
Nous avons choisi l’exemple de la côte méditerranéenne, mais cette peinture minutieuse se retrouve ailleurs : dans le Nord, ils n’ont pas manqué de fixer les grandes installations industrielles et c’est avec autant de soin qu’ils nous ont dépeint la côte normande ou la vie d’un grand port comme celui du Havre.
 
 
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Nous l’avons dit, ils n’ont été qu’occasionnellement des photographes de « reportage », si l’on ne veut retenir de ce vocable que l’aspect événementiel, car reporter de la vie quotidienne à la charnière des 19e et 20e siècles, ils l’ont été.
Dans le domaine purement événementiel, c’est avec beaucoup d’humour qu’ils ont vu les inondations de Paris en 1910, saisissant çà et là le côté inhabituel de la vie des Parisiens ; c’est le facteur qui fait sa tournée en barque ; la vieille dame apeurée devant la nécessité qui s’impose à elle de traverser sa rue à trois mètres du niveau du sol, en équilibre sur une planche ; la grosse femme, tout à fait respectable, emportée à bras-le-corps, de son domicile vers une barque, par un solide gaillard.
C’est avec autant d’humour qu’ils ont su saisir les images de la « fête à Neu-Neu » avec ces enfants en larmes sur le gros cochon de bois de ce si beau manège.
Et n’est-ce pas avec beaucoup de précision et quelquefois de l’ironie qu’ils nous ont laissé ces documents sur la fête des Fleurs en 1907 ?
Le fonds Seeberger, conservé, inventorié et catalogué, sauve de l’oubli une documentation irremplaçable sur quantité de sujets qui deviendra un précieux outil de travail pour nombre de chercheurs très divers.
L’historien des transports pourra y puiser des exemples des divers moyens de locomotion de l’époque : omnibus hippomobiles, tramways, premières automobiles, bateaux fluviaux, navire de commerce ou de guerre, locomotives, ou encore premiers ascenseurs publics, tel celui permettant d’accéder à Notre-Dame-de-la-Garde à Marseille.
L’historien de la mode et du costume y trouvera des illustrations précises et variées sur les tenues vestimentaires courantes à l’époque.
Le sociologue y verra quantité de documents sur la vie quotidienne à cette époque en milieu urbain.
L’architecte chargé de la restauration d’un édifice aura à sa disposition d’irremplaçables documents sur l’état de ce dernier à la fin du 19e siècle, et pourra tendre ainsi à une reconstitution aussi fidèle que possible.
L’urbaniste reconstituera minutieusement, rue par rue, le tissu de la ville pour laquelle il tente de préserver un cadre de vie fait pour l’homme qui y vit.
Pour ces deux derniers types de recherches, le fonds Seeberger est particulièrement précieux, car il ne reflète pas seulement le grand patrimoine monumental mais s’étend également à ce que nous appelons aujourd’hui les bâtiments d’accompagnement.
En effet, il n’est pas inutile de rappeler que depuis les débuts de la photographie – les premiers calotypes datent de 1851 – des photographes spécialisés, tels Le Secq, le Gray, Bayard, Mestral ou Baldus, ont fixé l’état de nos grands monuments, châteaux ou cathédrales, souvent même avant que n’interviennent les grandes restaurations de la seconde moitié du 19e siècle. Mais ces artistes ont en général tenu à l’écart de leur objectif le paysage urbain : les rues, les squares, les ponts, les quais, le mobilier urbain. Tout cet ensemble utilitaire et intégré à la vie quotidienne, et bien souvent les édifices contemporains jugés insuffisamment monumentaux ou trop récents, ont été laissés en dehors des préoccupations. Or l’on sait avec quelle rapidité tout ce paysage urbain a été défiguré ou a même parfois disparu.
C’est le privilège du fonds Seeberger que d’aborder toute cette modernité de la fin du siècle et du siècle débutant à travers les palais des Beaux-Arts que chaque grande ville s’enorgueillit d’édifier, les ponts modernes, les grands magasins ou les théâtres nouveaux.
 
 
*
***
 
Le rapide survol de ce fonds photographiques est pour nous l’occasion de nous interroger sur la pérennité de tels ensembles.
La photographie, et principalement la photographie ancienne, intéresse heureusement, de nos jours, un public de plus en plus large.
Cet intérêt grandissant n’est cependant pas sans présenter un certain danger pour les fonds eux-mêmes.
Certains pays européens ou américains portent déjà beaucoup plus d’intérêt que nous à la photographie et le premier des dangers est donc de voir partir vers l’étranger ces plaques photographiques.
Généralement, bien que ces fonds abordent quantité de thèmes différents, ils forment une entité, puisque constitués par un seul photographe ou un groupe de photographes à une époque donnée. L’autre danger est donc la dispersion de tels ensembles, tel collectionneur ou tel organisme s’intéressant à un thème précis.
Il nous apparaît ainsi comme de la plus grande importance que des organismes publics spécialisés, puissent faire entrer dans leurs collections, afin de les conserver, de les gérer et de les mettre à la disposition du public, ces fonds photographiques anciens qui font partie intégrante de notre patrimoine culturel.
 
Jean-Jacques Poulet-Allamagny
Chef du Service photographique
de la Caisse nationale des Monuments historiques

21 janvier 2013

La France de 1900 : Paris


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Ah que coucou !
 
Comme promis dans le billet consacré aux frères Seeberger (pour y accéder, cliquez ici), en voici un extrait sur la ville de Paris (pour accéder au site de la ville, cliquez ici, mais si vous voulez accéder directement à l’histoire de la ville, cliquez ) :
 
Diaporama que je vous conseille de visionner en mode « plein écran »
afin de pouvoir profiter au maximum de tous les détails et de tous les arrière-plans
 
Evidemment, je n’ai pas numérisé et inséré dans cette vidéo toutes les photo contenues dans l’ouvrage écrit par Hubert Juin. Je n’en ai choisi que quelques-unes pour vous montrer un petit aperçu de ce recueil de photo sublime que je vous conseille d’acheter car ce livre est à conserver dans toutes les bibliothèques (en plus, vous aurez ainsi toutes les légendes des photo dont les textes sont fort intéressants et instructifs), disponible chez Amazon (pour accéder directement au livre, cliquez ici).
 
Parmi toutes ces images, les collectionneurs de cartes postales en auront certainement reconnues de nombreuses car il ne faut pas oublier que le client principal des frères Seeberger était un éditeur de cartes postales, même s’ils ne connaissent pour la plupart de ces cartes que les versions colorisées...
 
Mais il faut que vous sachiez aussi qu’Hubert Juin a décrit, plus en profondeur, notre capitale française dans un ouvrage dédié exclusivement à la ville de Paris dont le titre est : Le Livre de Paris 1900 (pour accéder à l’achat en ligne du livre sur le site d’amazon.fr, cliquez ici), livre à conseiller à tous ceux qui sont friands d’histoire de la fin du 19e et du début du 20e siècle.
 
Suite à la demande de certains membres de mon entourage, je mettrai en ligne d’autres passages de ce fabuleux ouvrage.
 
Bisous,
@+
Sab
PS : pendant la semaine je vous parlerai des Fonds Seeberger.

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11 janvier 2013

La France de 1900 vue par les Frères Seeberger


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Ah que coucou !
 
Je profite d’être chez ma maman à moi encore ce week-end pour numériser un livre regroupant les photographies prises par les Frères Seeberger de la France du début du 20e siècle. Livre élaboré par Hubert Juin dont je vous propose ci-dessous sa présentation de ces années premières années du siècle passé…
 
 
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Evidemment, ces jours prochains, normalement, je devrais être capable de vous présenter un peu mieux cette France là : son industrialisation, sa campagne, quelques villes, sa capitale, les petits métiers aujourd’hui disparus, ces paysages tout aussi disparu, etc.
 
Mais commençons aujourd’hui par une présentation de ces 3 frères qui ont laissé leurs empreintes dans l’histoire de la photographie. Mais comme Sab est un peu fainéante : vite, vite, vite, je recopie vite fait ce qui est noté dans le livre :
 
 
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texte que vous découvrez au-dessous de ma signature.
 
Bisous,
@+
Sab
 
 
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Les frères Seeberger
 
En 1899 Eugène Arget s’installe à Montparnasse. Très rapidement il abandonne la peinture : il vient de vendre une centaine d’épreuves photographiques à la bibliothèque de la Ville de Paris, et il commence la difficile carrière que l’on sait.
Dans le même temps, Jules Seeberger, peintre et dessinateur pour étoffes, parcourt Paris avec son premier appareil 13/18 : son père, dès 1891, lui a acheté chez le meilleur spécialiste, Hermagis, une trousse aplanétique permettant d’obtenir des focales différentes, pour la somme de 161,50 francs : un matériel déjà sophistiqué pour un amateur de dix-neuf ans.
Deux photographes vivant à Paris, passant de la peinture à la photographie, se croise dans Montmartre ou dans le Marias durant les premières années du siècle, plantent leur chambre 18/24 dans les mêmes rues, dans les mêmes cours, nous montrent le même Paris avec la même passion documentaire. Et pourtant l’un est bien différent de l’autre. Bien que chacun compose rigoureusement ses images, Atget promène la seule focale de son optique rectilinéaire pour nous transmettre l’humble poésie au détour des rues : Seeberger adapte à ses prises de vues son grand choix de lentilles restituant les exiguïtés de ce Paris encore du 19e siècle et les larges places de la Bastille et de la Nation qui sont déjà le Paris d’aujourd’hui.
« Etranger aux querelles du pictorialisme et tout aussi étranger aux récentes prouesses de la photographie instantanée, Atget est presque un photographe intemporel, ignoré par Demachy, admiré par Weston », nous dit J.C. Lemagny. A contrario, parland de Jule Seeberger, nous pouvons déclarer : curieux de pictorialisme, mais utilisant souvent les récentes prouesses de l’instantanéité et de la technique, nous découvrons un photographe de son époque, travaillant essentiellement pour son époque.
Jules Seeberger est né en 1872 à Vienne, dans l’Isère. Son père, Bavarois de naissance, s’installe bientôt commissionnaire à Lyon où naissent ses deux autres fils, successivement en 1874 et 1876 (il sera naturalisé en 1886). Il monte à Paris, comme acheteur, chez l’un de ses grands confrères.
Les trois frères font leurs études secondaires à Lyon, puis au collège Rollin à Paris. Doués, ils s’essaient tous trois à dessiner, à peindre. Faute de pouvoir vivre de sa peinture, Jules, à la mort de son père en 1894, apprend le métier de dessinateur pour étoffes : ses cartons à dessin nous révèlent sa connaissance de la fleur, son sens de la composition décorative et son imagination. Sa brillante personnalité et ses succès rapides incitent ses frères à lui emboiter le pas : comme leur aîné, ils apprennent le métier à l’Ecole Bernard Palissy où ils reçoivent les plus hautes récompenses : médailles, premiers prix et bourses de voyages. Ce métier, ils l’exerceront dès les premières années de ce siècle : Henri fonde même son propre atelier. Nos trois frères demeurent avec leur mère et leur sœur Félicie : cette vie familiale sans heurt explique leur entente et la facilité avec laquelle il travailleront plus tard ensemble dans le même esprit.
En 1904, tandis que Lartigue photographie le Président Loubet au Bois de Boulogne, le rez-de-chaussée du Palais des Beaux-Arts (actuellement le Petit Palais) propose aux visiteurs une exposition photographique ; thème : les berges de la Seine. Première d’une suite d’expositions de « vues donnant d’une façon précise la physionomie de certaines parties de la ville la moins uniforme et la moins immuable qui soit parmi les capitales », annonce le programme officiel. En pleine époque de photographies d’art, face au délirant salon du Photo-Club qui se tient au Palais de Glace, la ville de Paris tente de susciter et de faire connaître une certaine photographie documentaire. Parmi les participants, Jules a envoyé sous son nom et sous le nom de Henri Seeberger un premier envoi modeste dont il ne nous reste que quelques clichés de petites gens familiers des bords de Seine : barbier en plein air, tondeur de chiens…
Au début de chaque année la Ville de Paris organise une nouvelle exposition. En 1905, un nouveau thème : la Bièvre dans Paris, et surtout Montmartre et ses jardins privés. Jules décide d’y participer à nouveau : ces endroits lui sont familiers, il a déjà travaillé sur le sujet. Comme Atget, témoignant des lieux laissés à l’abandon et des petits métiers avant leur disparition, Jules pressent le modernisme à l’assaut des masures pittoresques, de leurs jardins sauvages, et de leurs habitants mi-parisiens, mi-provinciaux : les Montmartrois. Mais laissons lui la parole : « Voilà certes des physionomies intéressantes qui, comme les vieilles maisons de la Butte, tendent de plus en plus à disparaître. Plus tard, dans de nombreuses années, quand cette Butte sera couverte de grandes constructions modernes, les générations futures trouveront peut-être du plaisir à regarder au musée Carnavalet ce que j’ai voulu représenter : le poème du vieux Montmartre. »
Sur l’épaule sa chambre 18/24 Curt Bentzin qu’il peut équiper de Dagor de diverses focales, il arpente la rue Saint-Vincent, la rue des Saules, la rue de l’Abreuvoir, le passage Cottin. De février à juin 1904 il compose avec rigueur une série d’épreuves intimistes : y sont décrits les porteurs d’eau, les peintres (bien sûr), les buveurs du Lapin agile, et surtout de jeunes Montmartroises cueillant des bouquets d’iris, jouant à colin-maillard, ou flânant dans les environs des moulins. Animation composée ou enregistrée sur le vif, alliant le maniérisme pictorialiste à la rigueur documentaire. Jules nous a donné, dans le Photo-Gazette de mars 1905, sa conception de la photographie : « Jusqu’à ce jour la photographie documentaire n’a pas été présentée de façon suffisamment artistique… Se bornant presque toujours à prendre de face des sujets également éclairés de face, ils n’ont produit que des choses banales et sans originalité, alors que ces mêmes sujets, pris d’un certain côté, à cotre jour par exemple, ou par un temps brumeux, eussent tout de suite acquis en plus de leur caractère documentaire un cachet original et artistique… De plus, les différentes époques de l’année, le printemps et l’été avec les arbres en fleurs et le gai soleil, l’automne et l’hiver avec le brouillard et la neige viennent successivement ajouter un charme nouveau à ses antiques ruelles et à ses parcs séculaires…. Je me suis en outre appliqué à donner à mes vues encore plus d’intérêt et à les compléter en les animant par des personnages en harmonie avec le sujet. Parmi ces personnages, il en est plusieurs qui ont, de préférence, attiré mon attention : je citerai en première ligne la Montmartroise : celle-ci n’a-t-elle pas ce je ne sais quoi, qui la rend différente de la Parisienne autant que de la Provinciale ? J’ai pensé qu’en la représentant à tous les âges de la vie et à tous les degrés de l’échelle sociale, depuis la gamine en jupe courte jusqu’à la vieille mendiante en haillons, c’était conserver d’elle ce que j’appelle un document vivant, document parfaitement à sa place dans une exposition de photographie documentaire ».
Cinquante épreuves, format 50/60, tirées dans un agrandisseur à trois corps à la lumière du jour, virées tantôt au bleu, tantôt à la sanguine, lui valent immédiatement la notoriété : la médaille d’honneur et un porte-folio dans L’Illustration (juillet 1905). Les frères Kunzli éditent en bleu et en bistre une série de cartes postales sur Montmartre très recherchée par les collectionneurs d’aujourd’hui. Diverses publications se feront l’écho de ce succès : Photo-Gazette, Gélatino, etc.
Léopold Verger, un autre éditeur de cartes postales, demande à Jules de réaliser des prises de vues sur les villes de France selon sa conception de l’image documentaire. Henri Seeberger quitte alors son propre atelier de dessin et rejoint son frère aîné : ils transforment une partie de leur habitation, 13 rue Fénelon, en atelier : leur sœur Félicie les aide dans les travaux de laboratoire : elle tire des épreuves provisoires, appelées aujourd’hui contacts, permettant les sélections. Quant à Louis, qui vient d’épouser Anna Durieublanc le 17 octobre de la même année 1905, il songe à rejoindre ses frères. Il écrit à sa femme que ses frères vont faire un reportage sur les grandes manœuvres auxquelles il participe. Au Petit Palais on prépare la prochaine exposition : elle réunira des documents sur le Marais et l’Ile Saint-Louis. Les Seeberger passent au peigne fin cours, ruelles, passages, fontaines, portes et hôtels, certains aujourd’hui disparus, comme cet hôtel de Jassaud démoli en 1908. Précédant ou suivant Atget, leurs travaux peuvent se comparer avec intérêt, témoin cette allée des Arbalétriers.
A partir de 1906, Louis commence à se dégager de l’atelier de dessin Souchon et prend un long congé pour aider ses frères : les premières « Aqua Photos », entendons photographies aquarellées, sortent chez Léopold Verger : citons une étonnante série constituant tout un reportage sur l’armée française : également d’autres séries sur des paysages parisiens, sur le Bois de Boulogne : canotage ou apéritif au pavillon d’Armenonville : sur le Bois de Vincennes : promenades en sous-bois, laiterie en plein air, etc.
Après les paysages parisiens, la province. Grâce à des correspondances conservées jusqu’à ce jour, suivons nos photographes : Jules et Henri en février sont au Mans et à Angers ; en mai, juin, juillet ils vont à Lyon, Genève, la Grande Chartreuse ; de fin juillet à septembre Henri fait une période militaire. Jules et Louis travaillent sur toute la côte entre Cabourg et Boulogne : Lisieux, Houlgate, Trouville, Fécamp, Dieppe, Le Tréport ; en septembre Jules et Henri son à Marseille et à Toulon, en décembre à Saint-Etienne.
Ils voyagent par le train ; à la sortie des gares ils louent voiture à cheval et picotin ; chargent chambres, pieds et sacoches bourrées de plaques 13/18 et de matériel de développement, partent explorer places, rues et marchés, gares et monuments, à moins qu’ils ne s’attardent sur les plages normandes et nous évoquent un peu « le temps perdu ». Les prises de vue se succèdent, réalisées soit avec le Clapp Netel 13/18 (avec Olor Berthiot f.5/7, 200) pour les images requérant l’instantanéité, soit avec une chambre à pied « touriste » équipée de châssis-livres.
Les clichés développés sur place sont envoyés à Madame Louis Seeberger qui en assure les contacts ; les expositions sont faites sur papier citrate dans son appartement de la rue Monge, un sixième étage inondé de soleil. Janvier 1907, les Seeberger opèrent à Cannes et sur la Côte d’Azur, le 16 ils sont à Monte-Carlo. En juillet on les retrouve à Guernesey, en septembre à Cherbourg : la France est bouclée. La fin de 1907 semble terminer les voyages pour les éditeurs de cartes postales.
Mais il y eut cette même année la quatrième exposition aux Champs-Elysées. Les sujets proposés (« pour la vaine gloire d’une récompense honorifique ») ont été le Jardin de Luxembourg, le Jardin des Plantes et les vieilles demeures, maisons ou châteaux épars aux environs de Paris, mais à l’intérieur du département de la Seine. Citons Robert Hénard, chroniqueur à l’Art décoratif : « L’envoi de MM. Seeberger frères vaut d’être signalé spécialement à l’attention du public. Il s’impose d’ailleurs non seulement par la quantité – il renferme plus de 300 épreuves grand format – mais encore par des mérites d’ordre supérieur qui ajoutent aux qualités d’exécution que doit avoir avant tout une photographie irréprochable, un attrait particulier. Mais la série de cent-vingt-cinq vues de vieilles maisons des environs de Paris est absolument hors de pair ». Il a fallu itinérer tout autour de Paris, avec les difficultés que l’on sait à l’époque, de Vitry à Choisy-le-Roi, de Clichy à Stains, d’Asnières à Issy, de Villejuif à Charenton pour nous évoquer ces superbes demeures souvent à l’abandon, transformées en entrepôts, proie des épiciers, marchands de vins, ou simplement des squatteurs, et aujourd’hui pour la plupart disparues. MM. Seeberger obtiendront la médaille d’or hors concours.
Cette activité professionnelle ne leur fait pas oublier leurs premières amours : le dessin et la peinture. Venus à la photographie à l’aube du pictorialisme, ils suivent les fameuses expositions du Photo-Club de Paris où ils retrouvent peintures et photos étroitement mêlées. Dans le cadre du Palais de Glace ils exposent dès 1906 (avec, entre autres, Demachy et Stieglitz). Dès l’invention du procédé bromoil ils s’y adonnent avec ardeur ; en 1908 parait dans Photo-Gazette une tête de jeune fille traitée successivement en plusieurs couleurs, signée J.L.H.S. et exposée au Salon international, rue Volney. Ils poursuivent régulièrement leur travail aux encres grasses et présentent portraits et natures mortes de grande qualité aux Salons de Paris, Bruxelles, Nice, en compagnie de Puyo et Demachy, jusqu’en 1914. Pour ce faire ils ont acheté la chambre 24/30 de Gilles Faller, dite chambre à trois corps, et l’installent dans leur atelier lumière du jour situé en terrasse que leur sœur Félicie vient de découvrir, rue de Chabrol.
 
A la fin de l’année 1908 une nouvelle orientation dans la vie des trois frères : Mme de Broutelles, qui dirige pour le compte des éditions Hachette La Mode pratique, leur suggère d’assurer des reportages d’élégance et de mondanité. Dans ce début de siècle les Seeberger sont parmi les premiers photographes de mode opérant en extérieur, essentiellement sur les champs de course : en effet, les Nadar, Reutlinger, Manuel ne travaillent qu’en studio lumière du jour. L’appareil sur pied étant interdit sur les champs de course, nos nouveaux venus, comme leurs confrères, commencent par opérer à hauteur d’œil : les déformations de silhouette ainsi obtenues les amènent rapidement à inventer un nouveau matériel adapté à cette sorte de reportage ; ils abandonnent la prise de vue à hauteur d’œil. Un viseur reflex conçu par eux est adapté à l’appareil de reportage, mais travaillant à l’hyperfocale, la netteté de tous les plans ne convient pas à leur esthétique de l’image. Très vite ils emploient un appareil reflex 13/18 d’atelier, tenu à 1 m du sol, suspendu au cou par une courroie, et équipé d’une longue focale (250 mm). L’optique Tessar ouverte à 4,5 donne un plan de netteté de faible épaisseur, aussi travaillent-ils à deux : l’opérateur cadre maintient la mise au point délicate et déclenche au signal de son assistant (son alter ego) qui l’avertit de l’instant propice tandis qu’il retient l’attention de la personne photographiée ; cet assistant assure de plus le travail de chroniqueur. A partir de 1909, nous allons suivre très régulièrement l’évolution de la robe, portée par des mannequins, mais aussi par des personnalités mondaines dont nous gardons quelques savoureux portraits.
Les tirages servent d’abord à alimenter les dessinateurs de la Mode pratique ; ils servent également à d’autres magazines comme L’Elxelsior, Les Modes. Ils sont recherchés par les couturiers et les acheteurs pour le marché américaine : « Nous achetons les robes de Worth, Paquin, Doucet, mais nous devons montrer à nos clients qu’elles sont portées à Paris et qui les porte ». Des milliers d’épreuves seront diffusées dans les chaînes A.M.C., Macy’s, John Wanamaker, Gimbel Broths, Saks, Eaton Co., etc. Les frères Seeberger peuvent satisfaire un pareil marché depuis qu’ils sont installés rue de Chabrol dans le vaste atelier : studio lumière du jour et salle de tirage à trois postes ; ils peuvent travailler simultanément sur une tireuse, car Louis les a définitivement rejoints.
1910, c’est la réalisation des premiers autochromes, c’est un reportage sur les inondations de mars (toutes les épreuves sont données au musée Carnavalet), c’est surtout leur rencontre avec l’éditeur Schwartz qui, les ayant regardés travailler dans la rue et les ayant appréciés, leur commande des reportages industriels pour l’encyclopédie Le Monde et la Science supervisée par les plus hautes autorités scientifiques de l’époque. Henri assure seul ces reportages à travers toute la France. Louis, dont le premier fils, Jean, vient de naître, reste à Paris ; il assure la marche de l’atelier et s’occupe de l’administration. Jules partage son temps entre la photo et la peinture. Ce régime de croisière durera jusqu’en juillet 1914. La guerre arrêtera la publication de l’encyclopédie : on prévoyait l’édition de 15.000 photo, seuls trois volumes paraîtront ; des milliers de plaques 13/18, consacrées aux sujets les plus divers, disparaîtront avec l’éditeur. Seuls quelques dizaines de tirages subsistent, nous montrant l’état de l’ère industrielle avant la guerre.
Pendant la guerre Louis et Henri sont mobilisés, Louis, qui vient d’avoir son deuxième fils, Albert, est instructeur de photo aérienne, puis chargé d’administration. Henri est artilleur ; blessé en octobre 14, il sera hospitalisé puis retournera au front comme brancardier ; il sera évacué de l’enfer de Verdun fin 1917 et passera des mois à l’hôpital militaire de Saint-Vallier. Jules continue tant bien que mal quelques travaux de mode, aidé par sa sœur.
En 1919, c’est la démobilisation, ils se retrouvent tous trois ensemble. Mais Jules n’assurera plus de prises de vue, il commence à ressentir les débuts de la très longue maladie qui l’emportera quelques années plus tard ; en 1920, il peint et expose successivement aux Indépendants et à l’Ecole française ; il s’arrêtera définitivement en 1925.
Louis et Henri assurent seuls la marche de Seeberger frères. La vie mondaine et frénétique de l’après-guerre les entraîne dans son tourbillon : reportages de mode toujours à Paris, puis à Deauville, Cannes, Nice, Biarritz ; en hiver Chamonix et Saint-Moritz.
Le 26 octobre 1923 ils reçoivent une lettre envoyée d’Hollywood : M. Howland qui dirige International Kinema Research demande aux frères s’ils pourraient assurer la prise de vues de photographies destinées à permettre aux décorateurs de films de reconstituer des lieux typiquement français ; Louis et Henri vont alors passer au peigne fin tout un style de Paris 1920 : rues, music-halls, restaurants, boites de nuit… Ce travail durera jusqu’en 1931, arrivée du cinéma parlant.
Au cours des années d’après-guerre, les frères sont amenés, à l’occasion de leur reportage de mode, à travailler pour les grands couturiers eux-mêmes : Poiret, Patou, Molyneux, Lelong, Lanvin, Worth, Martial et Armand, Rochas leur demandent de photographier leurs modèles. 1925 voit la fondation par M. Dubois de la revue Adam, la mode masculine s’ajoute naturellement à la mode féminine ; petit à petit une solide amitié lie les hommes et la collaboration devient importante.
Jean, fils aîné de Louis, entre dans l’entreprise en 1927, suivi par Albert en 1930. Ils se forment sur le tas et suivent des cours techniques au Conservatoire des Arts et Métiers. Voilà formée l’équipe de la nouvelle génération. Les jeunes sont sensibilisés par les photos de Steichen, Hoeninguen Huene, Sougez, Laure Albin-Guyot, Lucien Lorelle, et par les films de Carl Dreyer, de Raymond Bernard, de Jacques Feyder. Tandis que les aînés travaillent à la lumière du jour, les jeunes créent un studio pour la lumière artificielle. Ils réalisent leurs premières prises de vue publicitaires en 1934-1935 et se lancent dans la couleur : pinatypie, Carbro et Wash off relief, sélections trichromes, ils utilisent le kodachrome naissant.
Grâce à l’amélioration des techniques, la conception de l’image photographique évolue rapidement ; les aînés, contraints et forcés, satisfont une demande qui redouble. En 1935 le Rolleiflex est définitivement adopté pour les travaux en extérieur, nécessitant une refonte totale du laboratoire : toutes les images doivent être agrandies et recadrées. Les photographes pouvant travailler seuls, la production s’accroit.
Les quatre Seeberger continueront de la sorte jusqu’en aout 1939 : Louis, très fatigué – il devra subir une grave opération dans les semaines qui suivront – se retire. Ses fils Jean et Albert sont mobilisés. Henri, qui reste seul, s’arrête à son tour. Louis et Henri auront travaillé plus de trente années ensemble.
Dès 1941 Jean et Albert, démobilisés, relancent un nouveau Seeberger frères : ils s’arrêteront en mars 1977.
Michel Cabaud

20 novembre 2011

La famille au Plessier-Huleu


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Ah que coucou !

Le Plessier-Huleu est une petite commune de l’Aisne située entre Soissons et Château-Thierry, au bord de la route départementale 2 (quelques photo récentes se trouvent dans le billet : « Plessier-Huleu, Aisne », cliquez ici). J’y ai trouvé les premières traces de ma branche maternelle DROUX en 1868 (mariage de Louis DROUX, exerçant la profession de cantonnier, et Marie, Eugénie, Florentine MACQUART). Ma branche MACQUART semble y être installée depuis plus longtemps, hélas, l’incendie qui a détruit le Tribunal où se trouvaient les archives pour cette commune a détruit tous les documents antérieurs à 1810 et, par ce fait, je ne peux savoir exactement à partir de quelle date, ma famille a vécu dans ce village…

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C’est dans ce village où mes arrières grands-parents allaient quand leur activité professionnelle les tenant à Montmirail le leur permettait.
Pour rappel : mon arrière grand-père était le chef de la gare C.F.D.

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Octave, Léon DROUX, certainement appelé Léon
Né le 7.02.1865
Décédé le 23.05.1926
Cousin de Louis et époux de Marie-Gabriël, fille de Louis


A cette époque une gare existait en dehors du village :

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Par où la famille arrivait quand ils étaient chargés de bagages…

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les jours où les bagages étaient légers, ils passaient par la gare d’Oulchy un peu plus éloignée mais peut-être était-elle mieux desservie et/ou que le chemin était moins long… c’est bien ça, maman, toi qui les as fait ces 2 parcours : train, marche ?
 
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L’église, de l’autre côté…

Ils y étaient propriétaires d’au moins de 2 maisons qui ont été détruites lors de la Première guerre mondiale que mes arrières grands-parents ont héritées (la petite sœur à mon arrière grand-mère en possédait une aussi dans ce village, qui, selon les souvenirs de ma mère, a été bien agrandie depuis).
 
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J’ai entouré en rouge là où se trouve la maison.
Mais comme je ne connais pas bien le Plessier-Huleu,
Je souhaiterais qu’on m’en confirme l’emplacement, quand-même ;)

Suite aux dommages de guerre pour la destruction de ces 2 maisons, mes arrières grands parents en ont fait rebâtir une seule offrant tout le modernisme des années 20.
 
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C’est là où se sont retirés mes arrières grands-parents au moment de leur retraite et où a vécu mon arrière grand-mère presque tout le restant de sa vie (à la fin, elle n’y restait que l’été),
 
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Mes arrières grands-parents et les jumelles (filles de René),
les aînées de leurs 4 petites filles

agrémentée par les visites de leurs 2 enfants. Mon grand-oncle René et sa famille :
 
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De l’autre côté de la rue, ils y possédaient un champ dans lequel la famille se retrouvait pour profiter du beau temps :
 
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Et dans ces années 20, comme l’électricité n’étant pas nécessaire pour écouter de la musique, nous apercevons le système ancien du baladeur ;) : le phonographe familial au milieu d’eux ;)
 
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A partir des années 30 ce fut aussi au tour de mes grands-parents, en partance de Paris, à faire toutes ces expéditions pour rendre visite à mon arrière grand-mère – à ce sujet, mon grand-père écrit des courriers sur les horaires de trains : heures de départ et d’arrivée en se demandant s’il valait mieux y aller par tel ou tel autre train ;) où conseillant à sa cousine tel horaire ou tel autre… si vous souhaitez connaître pour les horaires Paris – Le Plessier-Huleu, n’hésitez pas à demander ;) mdrrr !!
 
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28.4.1930 à Epernay
Pierre DROUX & Claire VALLANT
 
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Mes grands-parents au Plessier-Huleu…

Sur ce : profitons du beau soleil qui brille ! alors, j’y go…

Bisous,
@+
Sab

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